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L'enfant face à la souffrance de ses parents


Formateurs
Catherine Vasselier-Novelli, Cathy Caulier, Catherine Denis, Stéphanie Haxhe

Ce stage s’adresse plus spécialement aux professionnels
rencontrant des enfants exposés aux souffrances de leurs parents,
souffrances liées à des troubles psychiques, des conflits parentaux
et/ou des violences conjugales.

Module 1 – Cathy Caulier
Durant ce module seront abordés les vécus exprimés par de nombreux enfants, le langage métaphorique et non verbal, les dynamiques familiales perturbées par la souffrance psychique de l’adulte, la délicate question de la nomination de la maladie et les ressources de la fratrie. La créativité (utilisation d’objets flottants tels que le collage, la sculpture avec des mannequins en
bois) et le travail en collaboration (équipes/thérapeutes adultes et équipes/thérapeutes enfants, services hospitaliers, institutions d’hébergement des enfants, prise en charge ambulatoire)
occuperont également une place importante durant ces journées.

Objectifs :
> Sensibiliser les intervenants à la nécessité de s’intéresser au vécu des enfants de parents souffrant de « troubles psychiques ».
> Réaliser une évaluation de l’impact psychique chez l’enfant.
> Appliquer une méthodologie spécifique pour prendre en compte ce vécu.
> Repérer les difficultés auxquelles les professionnels doivent faire face pour réaliser cet accueil. Elles nous confrontent à de nombreuses questions dont celles du risque de désignation,
de dramatisation et de banalisation.

 

Module 2 – Catherine Vasselier-Novelli
Les journées animées par Catherine Vasselier-Novelli seront consacrées à la prise en charge des enfants victimes de violences conjugales.
La prise en charge de ces situations montre à quel point il est important de prendre la mesure de la souffrance de l’enfant victime de ces violences pour tenter de les prévenir.
Dans cette perspective, il convient de reconnaître dans un premier temps les blessures d’attachement ainsi que les traumatismes liés à l’état de victime afin d’en évaluer les conséquences et de les soigner en fonction du contexte de vie et de l’âge de l’enfant.
Mais, pour qu’un tel travail puisse être mené à bien, il est fondamental que les intervenants permettent à la loi et à ses représentants (juge aux affaires familiales et juge des enfants) de nommer le délit ou le crime que constituent les violences conjugales.

Objectifs :
Les apports théoriques devront permettre de :
> Repérer les cycles d’apparitions de la violence.
> Différencier l’emprise du lien d’attachement présent au sein du couple.
> Reconnaître les conséquences de la violence conjugale sur le développement de l’enfant en fonction de son âge et de ses liens d’attachement avec les figures parentales.
> Intégrer les données neurologiques dans les situations de violences conjugales.
> Décomposer les étapes du protocole de prise en charge des victimes et des auteurs de violence conjugale.

Module 3 – Catherine Denis et Stéphanie Haxhe
Quand l’enfant devient sujet du travail thérapeutique

Jour 1 – L’enfant face au conflit parental
Catherine Denis, psychologue clinicienne et thérapeute familiale au Centre Liégeois d’Intervention Familiale
(CLIF) et directrice de l’association Parole d’Enfants.

De nombreux parents séparés restent pris dans des conflits durables qui affectent inévitablement leurs enfants. Témoins, victimes ou acteurs malgré eux, ceux-ci souffrent toujours lorsque leurs parents se livrent une véritable guerre. Les professionnel·le·s confronté·e·s à ces situations ressentent souvent impuissance, agacement ou colère : les parents semblent sourds aux conseils, incapables d’adopter une attitude plus raisonnable ou loyale, et vivent toute tentative d’apaisement comme une injustice. Pour sortir de cette
impasse, considérer les enfants comme de véritables partenaires — et non comme de simples objets de mandat — devient un levier majeur.

Deux axes sont alors essentiels :
> aider les parents à mettre un point final à leur histoire commune et à se tourner vers l’avenir, afin de libérer les enfants du poids du passé ;
> offrir un espace pour accompagner les nombreuses situations où un enfant refuse de voir un parent, souvent interprétées à tort comme de « l’aliénation parentale ».

Jour 2 – La parentification de l’enfant : comprendre et intervenir sans dommage
Stéphanie Haxhe, docteure en psychologie clinique et thérapeute de famille, formatrice et superviseuse au sein de l’Ardoise Pivotante (Institut de formation à la clinique contextuelle d’I. Boszormenyi-Nagy à Liège), auteure du livre paru chez Erès, « Frère et soeurs, des liens à soigner – clinique contextuelle de l’adelphité ».

L’enfant parentifié est au coeur de nos pratiques, que nous travaillions avec lui, sa famille, ou plus indirectement avec ses parents. Pourtant, il reste trop souvent vu comme un enfant qui doit « réintégrer sa place d’enfant », suite à une « inversion de rôles » qu’il conviendrait de corriger. Nous verrons que le travail de la parentification se situe bien ailleurs.
En effet, à quoi ressemble une « place d’enfant » lorsque l’on grandit avec des parents en grande vulnérabilité?
Dans le travail de dé-parentification proposé par I. Boszormenyi-Nagy, l’enfant est un partenaire-sujet dont les contributions doivent être validées, mais il reste à savoir comment et par qui…
En outre, le processus de parentification est complexe et souvent difficile à identifier. Un enfant parentifié peut en effet adopter des visages aussi divers que ceux d’enfant soignant, d’enfant parfait, d’enfant neutre ou d’enfant-problème. Au cours de la journée, la parentification sera distinguée d’autres processus, et des pistes d’intervention seront développées et illustrées par des situations cliniques et des références cinématographiques.

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