Journées d'études :

partenariat, pluridisciplinarité et travail en réseau

. de la confidentialité au partage d'information 

 Secrets professionnels, secrets partagés, confidences… Sommes-nous, comme professionnels tenus au secret au point d’exclure d’autres collègues d’un savoir qui leur serait utile dans leur relation avec des patients faisant l’objet de mesures d’aide, de prises en charges multiples ? Que dire d’une histoire qui nous est confiée lors d’une réunion de synthèse ? Qu’écrire dans un rapport au magistrat qui puisse l’éclairer suffisamment pour prendre sa décision tout en respectant le respect de l’intimité du sujet ? Qu’indiquer dans un dossier médical qui sera informatisé et dont on ne pourra plus effacer la trace ? Toutes ces questions sont régulièrement au cœur de nos pratiques dès lors que les familles, les patients que nous rencontrons aussi bien dans un cadre libéral que dans un contexte institutionnel sont amenés à solliciter ou à être rencontrés par d’autres systèmes d’aide ?

Ces questions seront au cœur de ces journées d’études au cours desquelles interviendront différents conférenciers engagés tant dans le secteur médical que social.

 

Jeudi 17 MAI 

Matin : 09h30-10h00   accueil des participants 

10h00-10h15 : présentation des journées d’études

 

10h15-11h15 : Marco Vannotti : « le secret médical comme impératif et ses limites »

En médecine, le secret est nécessaire pour instaurer une relation de confiance entre le patient et chaque membre de l’équipe. En particulier, le secret sur les informations "sensibles" venant à la connaissance des soignants doit être rigoureux. L'impératif est d'autant plus nécessaire que les dérives sont insidieuses dans un monde hautement informatisé et dans une culture qui privilégie la divulgation sans discernement sur la vertu de la réserve et de la discrétion. 

Par ailleurs, dans les réseaux médicaux, comme dans les services socio-éducatifs, lors de situations multi-problématiques, le nombre des soignants et des professionnels qui s’occupent d’un patient est grand et il importe qu’ils communiquent entre eux pour coordonner les soins. Où s’arrête alors la nécessité de partager l’information et où commence la rupture du secret ? Le régime du secret partagé devrait maintenir la protection du secret professionnel vis-à-vis de l’extérieur et garantir la transmission des renseignements nécessaires au sein de l’équipe soignante. 

Il importe dès lors, d’un point de vue éthique, de problématiser la fonction du secret tout comme de ses limites. Le secret est considéré encore souvent dans une perspective individualiste. La visée éthique du secret vise-t-elle uniquement le respect de la sphère privée d'un individu ? Comment articuler ce respect avec la nécessité d'activer la solidarité familiale ou d'aider les proches à faire face à des silences qui se veulent protecteurs mais qui produisent des angoisses inutiles ? Le cas des menaces de suicide chez un adolescent illustrera la difficulté à se mouvoir entre des devoirs contrastés soutenus par des valeurs souvent en conflit entre elles, comme peut-être entre le principe de bienfaisance et celui du respect de l'autonomie.

 

11h30-12h30 : Hadelin Feront - "de la protection de la personne à la sécurité publique : quelle position déontologique en matière de prévention de la radicalisation ?" - argument à venir

      

 Après-midi

 14h00-17h00 : Catherine Vasselier-Novelli : « réseau, violences intra familiales : au risque de la rencontre" 

Dans les situations de violences intrafamiliales, le travail en réseau est largement recommandé. Nous sommes invités à travailler ensemble afin de mieux accompagner les personnes que nous accueillons, dans nos services. Alors comment comprendre les difficultés rencontrées ? Derrière une volonté affichée de tous, quels sont les jeux relationnels et enjeux à l’œuvre ?   

 

Vendredi 18 MAI

 Matin : 08h30-09h00  : accueil des participants

 09h00-10h15 : Edouard Durand : « Entrer dans les maisons des autres : enjeux de l'action éducative sous mandat judiciaire » - argument à venir

 

10h30-12h00 : Eric Fiat : « rien ne pèse tant qu’un secret : la fontaine éclaireur d’une éthique du secret. - argument à venir                      

 

Après-midi                    

13h30-16h00 : Stefano Cirillo : « travail en réseau, travail en équipe : pièges et ressources 

Au cours de mon intervention lors d’une récente Journée d’étude de l’Ides, j’ai présenté une erreur importante commise il y a quelques années, en croyant avoir le droit de partager une information confidentielle avec un collègue. A l’époque j’avais risqué de me faire poursuivre pour rupture du secret professionnel. 

Aujourd’hui je veux proposer comment le travail en équipe avec ma cothérapeute Anna maria Sorrentino nous a permis, à elle et à moi, de nous « débrouiller » dans une situation qui ressemblait par beaucoup d’aspects à la situation précédente: un enfant gravement impliqué au sein d’une séparation conflictuelle jamais résolue, le risque pour chacun des intervenants d’être poussé à prendre parti pour l’un ou l’autre des deux parents, l’incertitude sur notre droit d’échanger les informations surgies dans les deux settings individuels qui imposaient une prise de décision pour l’enfant... Jusque à présent, depuis deux ans, nous avons survécu !

  

Dates 2018 : 17 et 18 Mai 2018

Lieu : ASIEM - salle des conférence - 6 rue Albert de Lapparent - 75007 PARIS

Coût 2018 par personne : 260 €